Par Fiston Ngala Alexandre
La ville de Gemena a connu, ce mercredi, une journée de fortes tensions à la suite de l’organisation de deux manifestations publiques portant sur l’éventuel retour du gouverneur suspendu du Sud-Ubangi, Miche Mobonga Lobo. Les deux cortèges, défendant des positions opposées, se sont retrouvés face à face avant l’intervention des forces de sécurité.
La première marche, organisée par le Conseil provincial de l’Union sacrée, avait pour objectif de remettre un mémorandum au Procureur général près la Cour de cassation. Dans ce document, les organisateurs expriment leur opposition au retour de Miche Mobonga Lobo, évoquant notamment des accusations de mauvaise gouvernance, de présumés détournements de fonds publics et de dysfonctionnements institutionnels. Ils demandent également que la justice poursuive son travail en toute indépendance.
Parallèlement, des militants du Mouvement de Libération du Congo (MLC) ont organisé une marche de soutien au gouverneur suspendu. Selon le vice-coordonnateur fédéral du parti, Sima Acropole, interrogé par la radio locale ELIKYA FM, cette mobilisation avait été autorisée par les instances provinciales du MLC et visait à exprimer le soutien du parti à Miche Mobonga Lobo.
Les deux cortèges se sont croisés au niveau du rond-point TP, près de l’Assemblée provinciale. Des échanges de projectiles ont alors été signalés entre certains manifestants, avant que les forces de l’ordre n’interviennent pour séparer les deux groupes et rétablir le calme. Le cortège du MLC s’est ensuite replié vers la permanence provinciale du parti.
Ces incidents remettent au centre des préoccupations la question de la gestion des manifestations publiques et des dispositifs de prévention des affrontements lorsque plusieurs rassemblements sont annoncés simultanément.
Au moment de la publication de cet article, aucun bilan officiel concernant d’éventuels blessés, dégâts matériels ou interpellations n’avait été communiqué par les autorités.
Dans un contexte politique particulièrement sensible, plusieurs observateurs appellent l’ensemble des acteurs politiques et leurs partisans à privilégier les voies légales et le dialogue, afin de préserver la paix sociale et d’éviter toute escalade susceptible de compromettre la stabilité de la province.

