Par Fiston Ngala Alexandre
La zone de santé rurale de Mawúyá, dans le territoire de Libenge, fait face à une recrudescence inquiétante des maladies hydriques en pleine saison des pluies. Les structures sanitaires signalent une augmentation des cas de diarrhées aiguës, de gastro-entérites et de suspicions de choléra, avec des décès déjà enregistrés.
Au Centre médical ELIKIA, le médecin responsable, Dr Jean-Paul Kingbele, indique que dix patients ont été pris en charge en une semaine, dont deux cas suspects de choléra et huit cas de gastro-entérite, fébriles et non fébriles.
« Nous avons enregistré deux cas suspects de choléra et huit cas de gastro-entérite. Les deux patients suspectés de choléra évoluent favorablement, mais nous déplorons malheureusement deux décès parmi les patients atteints de gastro-entérite », a déclaré le Dr Jean-Paul Kingbele.»
Le praticien attribue cette situation à la consommation d’eau insalubre et appelle les autorités provinciales à renforcer l’approvisionnement des structures sanitaires en médicaments essentiels.
« En raison du manque de produits pharmaceutiques, nous rencontrons de sérieuses difficultés pour assurer une prise en charge adéquate. Nous sollicitons l’appui du gouvernement provincial afin de sauver davantage de vies », a-t-il plaidé.
Selon les équipes médicales, les malades proviennent principalement des villages Mbimene et Bali, où de nombreuses familles consomment une eau puisée dans des trous creusés près des rivières ou directement dans les cours d’eau, sans traitement préalable.
Face à cette situation, les professionnels de santé recommandent de traiter systématiquement l’eau destinée à la consommation, de renforcer les mesures d’hygiène et de consulter rapidement un centre de santé dès l’apparition de diarrhées, de vomissements ou d’autres symptômes suspects.
Les habitants demandent, de leur côté, l’installation de bornes-fontaines dans les villages afin de garantir un accès durable à l’eau potable et de limiter les risques de propagation des maladies hydriques.
Cette nouvelle alerte intervient alors que le gouverneur intérimaire du Sud-Ubangi, Jean-René Galekwa Vundawe, avait déjà confirmé l’existence de cas de choléra dans la zone de santé de Mawúyá lors de son itinérance dans le territoire de Libenge. Il était également revenu sur cette situation à l’occasion de la présentation du bilan de ses cent premiers jours à la tête de la province.
La persistance de cette crise sanitaire met une nouvelle fois en évidence les défis liés à l’accès à l’eau potable dans cette partie du Sud-Ubangi, où les autorités sanitaires redoutent une aggravation de la situation si des mesures urgentes ne sont pas prises.

