La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa quête de justice sur la crise sécuritaire dans l’Est du pays. Le gouvernement congolais a officiellement saisi ce vendredi la Cour internationale de Justice (CIJ) contre la République du Rwanda.
À travers cette action judiciaire, Kinshasa demande à la plus haute juridiction des Nations Unies de reconnaître la responsabilité internationale du Rwanda pour des violations présumées de plusieurs instruments majeurs du droit international, notamment ceux relatifs au génocide, à la discrimination raciale, aux violences faites aux femmes et à la torture.
Dans sa requête, la RDC revient sur plus de trente années de violences dans sa partie orientale, évoquant des massacres, des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture, des violences sexuelles, des déplacements forcés de populations ainsi que des violations graves des droits humains.
Les autorités congolaises accusent les forces armées rwandaises ainsi que des groupes armés qu’elles présentent comme soutenus ou contrôlés par Kigali d’avoir mené des opérations militaires sur le territoire congolais, causant d’importantes pertes humaines et des souffrances considérables aux populations civiles.
Le document cite notamment plusieurs rébellions ayant marqué l’histoire récente de la RDC, parmi lesquelles l’AFDL, le RCD, le CNDP et le mouvement M23/AFC, que Kinshasa associe aux responsabilités présumées du Rwanda.Devant la CIJ, la RDC réclame la reconnaissance de ces responsabilités, la cessation des actes qu’elle considère comme internationalement illicites, des garanties de non-répétition ainsi qu’une réparation en faveur de l’État congolais et des victimes.
Cette saisine constitue une offensive diplomatique et juridique majeure de Kinshasa, qui affirme vouloir privilégier le droit international comme voie de règlement du conflit, au-delà des rapports de force militaires.
« Faire prévaloir le droit sur la force », tel est le message porté par les autorités congolaises, qui disent espérer obtenir justice pour les victimes et contribuer à une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Par la Rédaction

