Forêts du bassin du Congo : la RDC porte sa voix à l’atelier sous-régional de Yaoundé
Par la rédaction
La République démocratique du Congo participe à l’atelier sous-régional sur la conversion des forêts dans le bassin du Congo, organisé à Yaoundé, au Cameroun, du 18 au 19 août 2026. La délégation congolaise est composée de quatre représentants, dont Gilbert Zobinza Munanga, Coordonnateur du BCEAD, qui intervient sur la situation de la conversion des forêts en RDC.Avec près de 170 millions d’hectares de forêts, soit environ 60 % des forêts du bassin du Congo, la RDC occupe une place déterminante dans les efforts de conservation et de gestion durable de cet écosystème d’importance mondiale.
À travers sa présentation, Gilbert Zobinza Munanga met en lumière les principaux enjeux liés à la conversion des forêts en RDC, dans un contexte marqué par l’accroissement des pressions exercées sur les ressources forestières.
L’agriculture itinérante sur brûlis demeure identifiée comme la principale pression sur les forêts, à laquelle s’ajoutent l’exploitation artisanale du bois d’œuvre, l’extension des villes et villages, le recours au bois énergie, les feux de brousse et l’exploitation minière. La faible gouvernance, la croissance démographique et la faible application des textes juridiques et réglementaires figurent également parmi les facteurs indirects.
Les conséquences de cette conversion sont multiples : perte de biodiversité, augmentation des émissions de gaz à effet de serre, dégradation des sols, diminution des services écosystémiques, insécurité alimentaire, aggravation de la pauvreté et recrudescence des conflits fonciers intercommunautaires. La conversion menace également certains éléments du patrimoine culturel des communautés, notamment les sites sacrés et d’initiation.
Face à ces défis, plusieurs pistes sont proposées, notamment la promotion de la foresterie communautaire, la sécurisation des droits des communautés locales et des peuples autochtones pygmées, le renforcement de la gouvernance participative et inclusive ainsi que la diversification des sources de revenus.
L’agroforesterie, la promotion des foyers améliorés, l’énergie solaire et le développement de la bioéconomie sont également présentés comme des leviers permettant de réduire la pression exercée sur les forêts tout en répondant aux besoins socio-économiques des populations. La restauration des paysages dégradés par le reboisement et une meilleure politique d’aménagement du territoire figurent aussi parmi les recommandations.
Au-delà des politiques et des textes, le défi demeure celui de leur mise en œuvre effective. La traduction des engagements politiques et juridiques en actions concrètes apparaît comme une condition essentielle pour produire des changements durables dans la gestion des forêts congolaises.
La participation de la RDC à cet atelier de Yaoundé constitue ainsi une occasion de partager son expérience, de contribuer aux réflexions sous-régionales et de promouvoir des approches conciliant conservation des forêts, développement socio-économique et droits des communautés dépendantes des ressources forestières.

