À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit, l’accent est particulièrement mis cette année sur les violences faites aux enfants. Dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés, notamment en Afrique et en République démocratique du Congo, le défenseur des droits humains Serge Linzabe Bosembo appelle à une mobilisation collective pour mieux protéger les victimes et combattre l’impunité.
Selon Serge Linzabe Bosembo, l’un des principaux défis dans la lutte contre ces violences demeure le poids des pesanteurs socioculturelles et des normes patriarcales qui favorisent la stigmatisation des survivants. Cette situation pousse plusieurs victimes au silence, par peur du regard de la société ou des représailles, entraînant ainsi une importante sous-dénonciation des cas de violences sexuelles.
Le défenseur des droits humains relève également la persistance des difficultés d’accès à la justice dans certaines zones touchées par les conflits, ainsi que l’insuffisance des mécanismes de protection des victimes et des témoins. Pour lui, ces faiblesses contribuent à maintenir un climat d’impunité autour de crimes pourtant graves.
Dans le contexte actuel de résurgence des conflits en Afrique et particulièrement dans l’Est de la RDC, Serge Linzabe Bosembo estime que cette journée doit être un moment fort de plaidoyer et de mobilisation. Elle rappelle l’urgence de faire respecter le Droit international humanitaire et de lutter contre l’utilisation des violences sexuelles comme arme de guerre.
Il appelle les autorités à renforcer les mécanismes de protection des populations civiles, particulièrement des enfants, conformément aux engagements internationaux relatifs aux droits de l’enfant. Il insiste également sur la nécessité de développer des politiques publiques de prévention dans les zones vulnérables et les camps de déplacés.
À la communauté internationale, Serge Linzabe Bosembo plaide pour une coopération judiciaire plus efficace afin de poursuivre les auteurs de ces crimes, ainsi qu’un soutien durable aux survivants à travers une prise en charge médicale, psychologique, juridique et socio-économique.
Aux familles et aux communautés, son message est celui d’une responsabilité collective : rompre avec la culture du silence et privilégier la protection de l’enfant. Il appelle à mettre fin aux arrangements qui favorisent l’impunité des auteurs au détriment des victimes.
Pour lui, le combat prioritaire reste l’intégration de l’éducation aux droits humains, à l’égalité et à la culture de la paix dans les programmes éducatifs afin de prévenir durablement ces violences.
« L’opprobre doit changer de camp : il doit peser sur le criminel et non sur la victime », rappelle Serge Linzabe Bosembo, estimant que la protection des enfants passe par leur autonomisation, leur accès à l’éducation et une réponse ferme de l’État face à toute atteinte à leur intégrité.
Par la rédaction

