Par la rédaction
L’Assemblée provinciale de la Mongala a tenu une plénière ce lundi 26 octobre 2026, au cours de laquelle, selon les informations communiquées à notre rédaction, 17 députés sur les 19 présents ont voté en faveur de la mise en accusation du gouverneur provincial, Jean-Collins Makaka Pap’Ekaka, et du ministre provincial de l’Intérieur, Louis Maboy.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions politiques et sociales à Lisala, après les émeutes survenues dans la ville et qui, selon les informations rapportées, ont causé la mort de trois personnes. Elle fait suite au moratoire lancé samedi 24 octobre par les députés provinciaux, à l’issue de ces événements.
Sur le plan juridique, l’article 87 de la loi organique n° 13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la Cour de cassation prévoit que les gouverneurs, les vice-gouverneurs et les ministres provinciaux ne peuvent être poursuivis et mis en accusation que par l’Assemblée provinciale, statuant au scrutin secret et à la majorité absolue des membres qui la composent.
En conséquence, le résultat annoncé de 17 voix favorables sur 19 députés présents ne permet pas, à lui seul, de vérifier la régularité complète de la procédure. Il reste nécessaire de confirmer l’effectif total des membres de l’Assemblée provinciale, le respect du scrutin secret et le contenu du procès-verbal officiel de la plénière.
La mise en accusation doit être distinguée d’une déclaration de culpabilité prononcée par une juridiction. Les suites judiciaires dépendent de la procédure applicable et des actes des autorités compétentes.
La loi organique précitée prévoit également, à son article 87, l’application aux gouverneurs et vice-gouverneurs de certaines dispositions de l’article 80 relatives aux membres du Gouvernement, notamment l’obligation de présenter leur démission dans les vingt-quatre heures après leur mise en accusation. La portée exacte de cette disposition et son application à la situation présente doivent être appréciées au regard des actes officiels adoptés.
Quant au vice-gouverneur, Cédric Ayaka Kuma, son éventuelle prise en charge des affaires courantes ne peut être présentée comme effective sans confirmation des conditions légales et institutionnelles de l’intérim.
Les événements de Lisala s’inscrivent dans une crise politique déjà signalée ces derniers mois. Le 24 octobre 2026, plusieurs médias ont rapporté que le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur avait convoqué à Kinshasa le gouverneur de la Mongala et les membres du bureau de l’Assemblée provinciale pour une consultation urgente. Les raisons précises de cette convocation n’étaient alors pas publiquement établies.
À ce stade, les éléments à confirmer restent le procès-verbal officiel du vote, les griefs précis retenus contre les responsables concernés, le bilan officiel des émeutes et les actes éventuels organisant la continuité de l’exécutif provincial.

